Situation dramatique des détenus grévistes
Une fin dramatique guette les grévistes au bord du coma. Makhlouf Lyès a dû être transféré, ce week-end, au CHU pour une perfusion d’urgence. Alik Tahar souffre des reins. Il a les testicules enflées et n’a pu être au rendezvous des avocats ce samedi. Mouloud Chebheb souffre toujours d’une sorte d’aérophagie, il a le ventre gonflé, conséquence de la non-prise en charge médicale au lendemain de l’interruption de la grève pour cause d’ulcère. Trois sur six sont toujours à l'infirmerie de la maison d’arrêt, les autres dans leur cellule humide et glaciale. L’administration leur a refusé le chauffage, selon le récit de Me Saheb, membre du collectif des avocats.
B. T. Le soir 12.1.03
2 grévistes évacués à l’hôpital
Deux détenus grévistes de la faim ont été évacués avant-hier à l’hôpital de Tizi Ouzou, avons-nous appris auprès des avocats qui leur ont rendu visite hier. Le premier, Allik Tahar, souffrant depuis plusieurs jours, a été admis samedi en fin d’après-midi aux urgences du CHU et jusqu’à hier après-midi, il était encore sous surveillance médicale. Le même jour (samedi) en début de soirée, ce fut au tour de Mouloud Chebheb d’être transféré aux urgences. Après avoir reçu les soins nécessaires, il a été reconduit dans sa cellule. Selon un des avocats, Me Saheb, en l’occurrence, Rachid Allouache est toujours au niveau de l’infirmerie de la prison, dans un état assez critique. Par ailleurs, les détenus, selon Me Saheb, sont très satisfaits de la mobilisation populaire autour de leur situation. Ils devaient se réunir entre eux hier soir, pour décider, sans doute, de poursuivre ou non leur grève. Leur avocat estime que Belaïd Abrika et ses compagnons ont été très attentifs aux marques de soutien qui leur parvenaient de l’extérieur et aux nombreux appels pour qu’ils mettent fin à leur action.
Par M. Hachid – El watan – 13.1.03
A mes frères des aârouch « l'Algérie meurtrie a besoin de vous vivants. »
Que la montagne est belle, a chanté le poète. J'écris comme je peux la Kabylie qui s'insurge pour une Algérie qui n'en peut plus, et l'insoutenable barbarie terroriste intégriste que les marchands ne veulent pas dire sauf pour l'appeler Monsieur, rattrape les espoirs de paix trop vite clamés et devient impossible à raconter.
La patrie crucifiée respire la douleur et la souffrance par toutes ses entrailles, mais la mort injustement infligée ne changera rien aux choses qui chantent la vie, le courage et l'espérance. Et c'est vrai que les montagnes chez nous seront toujours belles, de cette beauté guerrière et altière, Djurdjura, Aurès, Ouarsenis et Dahra, verdoyantes, enneigées ou dénudées, fières et rudes, et patientes juste le temps qu'il faut, gardiennes ultimes, farouches et éternelles du feu sacré, les feux de la liberté, lorsque dans nos plaines, nos villes et nos rameaux trahis l'immonde forfaiture et la désolation assassinent et dévorent la nation.
Cette montagne où règnent les justes non point pour frapper, mentir, mépriser, humilier et posséder, mais pour donner, servir, respecter, jamais pour semer la mort parmi les innocents et ouvrir grande la porte des prisons de la honte, mais pour dire la vie, la justice, la dignité et encore la liberté. Vous êtes les enfants braves et valeureux de nos montagnes, tout droit descendus de Novembre, Algériens dans vos tripes, vos cultures, votre histoire et votre mémoire, et ceux qui doutent encore ne sont point des nôtres et ne sont qu'âmes perverties et misérables crapules.
2002 s'en est allé, et en cet an nouveau que faudra-t-il dire à mon jeune frère Abrika et à tous ses compagnons qui n'aura pas été écrit par le sang des jeunes guerriers continuateurs éblouissants de la race des seigneurs, par l'irracontable courage des braves d'aujourd'hui et la fabuleuse dignité des pères et des mères de tous les Massinissa de Kabylie et de l'Algérie toute entière.
Avant de raconter comme je le sens et je le sais l'histoire recommencée de la nuit qui a peur du soleil et celle des marchands de chez nous qui ont peur de la montagne, je ferai comme presque tout le monde pour commencer et pour essayer.
Alors je suis, du verbe suivre, contraint et entraîné par l'habitude, et je m'en vais ici souhaiter bonne et heureuse année aux humains et à la terre entière. Alors il faudra bien sacrifier aux usages, aux convenances et à la bonne éducation que diantre ! Sacrifier ce que l'on a sous la main de facile et de disponible mes frères, juste les mots soigneusement choisis et alignés pour essuyer la conscience et en faire un être de bien, présentable et fréquentable, le temps d'un jour, d'un instant ou d'un minuit. Et l'on joue à faire semblant, à croire que demain et les hommes qui gouvernent seront meilleurs dans d'autres demains. J'écris bonne année à tous les temps, à tous les vents, et dans toutes les langues si je pouvais, mais je sais que cela ne signifie rien, ne sert à rien et ne même nulle part parce que les mots ne suffiront jamais pour changer l'ordre injuste des choses et le pouvoir pour des hommes, et pour traquer tous les fascismes du monde jusque dans le ventre de leur mère.
Parce que, aussi, sur terre ici et ailleurs, il ne reste de messagers et de bâtisseurs pour porter et réaliser nos voeux que des tueurs, des tarés et des déments hissés par le dieu argent au rang de maîtres absolus du monde d'aujourd'hui, que des marchands locaux venus de loin, excités et furieux, disposés et disponibles pour toutes les transactions et tous les arrangements, fussent-ils honteux, ignobles, sanglants ou capitulards. Pour encore un peu de pouvoir, de puissance, de prestige et d'ivresse à la gloire du moi perturbé, dérisoire, pitoyable et stupide, plus effrayant encore quand il se met à être fourbe et cynique, revanchard, haineux, féroce et cruel jusqu'à ravager tout ce qui vit, qui bouge et qui tient encore debout aux alentours, jusqu'à faire exploser et brûler le pays si « l'envie, le besoin et la nécessité » se font sentir chez Monsieur moi. Par la force qui ignore et insulte le droit, la loi, la démocratie et la dignité humaine, par la répression qui rappelle le joug et les affres d'antan et par des ruses et des subterfuges qui n'ont jamais trompé personne, ils discourent, ils s'agitent, ils persistent et ils signent encore, mes frères. Pour vous infliger, pour nous infliger l'horreur d'un présent qui commença le jour où les loups, la canaille et les barbares ont forcé les portes de la cité. Ce présent dessiné en noir ténèbre et en rouge sang sur les tombes des morts qui ne sauront jamais pourquoi ils sont morts, dans les yeux perdus et éteints de nos jeunes, dans nos mémoires, nos rêves, nos murs et notre sol. Ce présent qui ne veut pas partir. Interminable fresque funeste de toutes nos souffrances, nos humiliations et nos décadences qui s'accroche, s'incruste et s'agrippe n'importe où et partout pour continuer l'innommable calvaire des enfants d'Algérie.
Ainsi, il paraît que 2002 s'est effacé pour céder la place à 2003. Et alors ? Et alors mes frères je m'interroge pour savoir qui sont ces gens qui ont fait sonner les douze coups de minuit et jouent à vous souhaiter santé, bonheur et prospérité pour les mois qui viennent. Minuit chantant et dansant, de paillettes, de fiesta et de ripailles au pays ravagé et déchiqueté de Ben M'hidi, Abane, Ben Boulaïd, Didouche, Lotfi, Zighoud et combien encore. Il fallait le faire et ils l'ont fait mes frères ! Minuit d'un jour dans les citadelles repues et bien gardées, et minuit du même jour dans les geôles impensables, impossibles de la honte et de l'infamie. Minuit pour la jeune écolière d'un bidonville de la région de Blida, égorgée sous la lumière de sa misérable bougie, elle était penchée sur ses cahiers à même le sol pour apprendre Et notre gaz, notre pétrole, des réformes, un programme, un budget et 24 milliards, bientôt 30, de dollars jalousement comptés et gardés pour ne jamais éclairer le gourbi de la gamine morte d'à-côté de Blida. Et encore minuit pour les chômeurs, les délinquants, les drogués, les malades sans soins, les suicidés et les prostituées de demain, pour les fouilleurs des décharges publiques, des bennes à ordures et des poubelles de quartier. Tous les minuits du dernier jour de tous les décembres de toutes les années d'indépendance qui n'ont jamais voulu fêter, célébrer et chanter notre histoire vraie, notre identité vraie et l'inestimable et extraordinaire richesse de nos diversités culturelles et linguistiques, de nos traditions et nos manières d'être, pour un seul pays, une seule nation, une seule patrie et une seule Révolution. Et comme la barbarie, le gâchis ne se compte plus.
Tenez bon mes frères, tenez bon, ça « vaut le coup » et ça en vaut la peine. Et comme il est impensable que les choses puissent continuer ainsi, je m'en vais dire aux aârouch soyez bénis et honorés, libres comme nos imprenables montagnes ou enchaînés comme les hommes qui savent rester debout et dignes dans l'adversité la plus cruelle. Du fond de vos cellules injustes et dans vos luttes de tous les instants et mille fois légitimes, acceptez mon respect le plus franc, mes hommages les plus forts et ma solidarité agissante et sans limite. Vous ne possédez ni l'infaillibilité ni l'invincibilité suprêmes, et vous ne les avez jamais revendiquées parce que vous savez que la perfection absolue n'est point de ce monde. Mais en ces moments précis, et pour les temps qui viennent, vous êtes et vous serez l'avant-garde de toutes les âmes bien nées de ce pays, l'honneur, la fierté, la chance irremplaçable et l'espoir indestructible de l'Algérie qui ne s'est jamais résignée.
Il suffit, mes frères, de revisiter le passé, libérer la mémoire et interroger nos martyrs et l'âme de la nation, et l'on saura qu'en ce pays l'histoire et la géographie ont toujours marché ensemble pour nous enseigner que lorsque les marchands qui commandent la cité ouverte et offerte se mettent à avoir peur de la montagne qui gronde, qui s'insurge et qui demande des comptes, alors c'est que la révolte finale est là, elle jaillit et se propage dans toutes les directions.
Et la montagne, ses enfants, son histoire et ses légendes, ses valeurs, sa morale, ses chants, ses couleurs et ses cimes qui montent jusqu'aux cieux, c'est pas né et c'est pas fait pour mourir. Nul pouvoir, nulle force et nulle prison pour l'enchaîner et étouffer sa voix. Et nous saurons encore honorer nos martyrs, par fidélité, conviction, respect et devoir..
Mais vous, l'Algérie meurtrie a besoin de vous vivants. Vous l'ignorez peut-être, mais des millions d'Algériens de partout, jeunes et moins jeunes, femmes et hommes, se reconnaissent en vous et en votre combat. Vous avez tracé le chemin, montré la direction et donné l'exemple. Vivez pour votre pays, vos idées, votre famille et vos amis et pour nos martyrs ! Vivez et nous vous faisons promesse que le parcours qui reste à faire, nous le ferons ensemble ! Et puis, mes frères, ça suffit comme ça, il y en a marre, tout simplement. Et tous les Massinissa d'Algérie ne seront jamais morts pour rien.
K. A.( Khelifi Ahmed) Votre frère de Gouraya, wilaya de Tipaza
11-01 2003-Le Matin
Appel à l'opinion nationale et internationale
Ne les laissons pas mourir !
Belaïd Abrika et ses compagnons du mouvement citoyen sont en grève de la faim depuis le 3 décembre. Ils sont en danger. Le Pouvoir est entièrement responsable de ce qui pourrait leur arriver. Notre conscience nous interpelle. Nous n'avons pas le droit de les laisser mourir :
Nous continuons à recevoir, à AlgeriEnsemble@wanadoo.fr, des messages de solidarité avec les grévistes de la faim. Nous vous communiquons les derniers messages et signatures reçus. Tous les messages reçus sont envoyés à Alger et s’ajoutent à ceux qui parviennent directement à Alger.
Bonjour, Je vous prie d'accepter mon soutien aux grévistes et à leurs familles .. Je vous souhaite bon courage et persévérance. Espérons que cette année qui est celle de l'Algérie verra s'ouvrir des perspectives pour la démocratie face à l'obscurantisme. De tout coeur. Dominique VINCENT intermittente du spectacle 46 Lot
En guise de soutien a la la Kabylie, aux détenus emprisonnés et aux deux grévistes de la faim de Montréal, la communauté Kabyle de Montréal observera demain dimanche le 12 Janvier une grève de la faim de 24H.
Je vous prie de bien vouloir ajouter ma signature à cet appel. Meilleures salutations Omar Mehenni Ecosse, Grande Bretagne
Nawel Soltani , Mourad Tagzout , Sofiane Belgueras;
Les prisonniers ont besoin de nous tous, nous n'avons pas le droit de les laisser mourir. Salut et fraternité au mouvement citoyen Dominique THURA Toulouse Vicent THURA 15 ans- lycéen Toulouse
Je m'associe à l'appel pour Belaid ABRIKA et ses compagnons du Mouvement Citoyen et surtout je donne ma signature, il ne faut pas les laisser mourir! Akila SALMI. Toulouse
Activez chers Amis, activez, Montrez nous que nous ne sommes pas seuls . Nous nous en souviendront lorsque la Kabylie et l'Algerie retrouverons leur stabilité
Bon courage et Merci -Un délégué archi-Aarchiste d'Akbou
J'ai été interpellé par ce message concernant les amis algériens et souhaite apporter ma signature. Robert GREZES ingénieur en informatique. Toulouse
Merci d'ajouter mon nom à la liste des signataires Juliette Rouly, étudiante, Rennes.
Nicole BORVO, sénatrice de Paris, responsable du Collectif national "Libertés et droits de la personne" au Parti communiste français, tient à apporter son soutien à Belaïd Abrika et ses compagnons.
Bonjour, Est il possible d'inscrire mon nom sur la pétition de solidarité avec les grévistes de la faim ? Bien cordialement, Benjamin Stora (historien).
Salutation; je m'appelleFadel TLEMSANI je suis Ingénieur Géopysicien et je travail à SONATRACH je suis signataire de cette pétition pour libérer les démocrates militants du mouvement citoyen!
Message reçu de Montréal Ø Le comité pancanadien de soutien et de solidarité avec la Kabylie a déjà > transmis un message aux grévistes de la faim les implorant de mettre fin à > leur grève, il reitère ici cet appel: NOUS AVONS EU ASSEZ DE HEROS MORTS, > nous avons besoin de vous en VIE. > > Devant le manque d'intrêt que porte les médias au sort réservé aux grévistes > de la faim, le président du Comité, Ammar Lakehal, a entrepris lui même une > grève de la faim avec un autre kabyle, Karim Bessaih, et ce depuis le 31 > décembre 2002.
Belaid Abrika,vous et vos camarades,vous nous avez assez donné d'exemples de courage et de determination; alors nous vous implorons de mettre fin à votre grève de la faim maintenant pour ne pas satisfaire le voeu du régime algérien qui a décidé de vous laisser mourir! Faites de votre acte de résistance, le fait de rester en vie. Que de morts! que d'handicapés depuis le 18 avril 2001! Nous admirons votre courage et vous saluons avec respect. Nous aimerions pouvoir continuer cette lutte résolument pacifique avec vous, et ce jusqu'à la satisfaction de la > plateforme d'El Kseur, pour laquelle vous avez déjà donné tant. > Nous interpelons le régime algérien et le considérons responsable de la > santé des détenus et de tout dérapage possible en Kabylie. > Nous demandons au Premier Ministre du Canada d'interpeler les responsables > algériens pour que soient libérés les détenus du mouvement citoyen dans les > plus brefs délais.
Le comité pancanadien de soutien et de solidarité avec la Kabylie. > > Copies: > Premier Ministre du Canada > Amnistie Internationale
COMMUNIQUE
Les forces patriotiques qui ont sauvé l’Algérie sont, une fois de plus, appelées à se mobiliser dans l’urgence. L’Algérie démocratique et sociale telle qu’annoncée le 1er Novembre et définie par le Congrès de la Soummam est, aujourd’hui, menacée par les collusions obscures et les répressions qui ciblent les forces de progrès. Le traitement cynique par le pouvoir de la grève de la faim des détenus du Mouvement citoyen de Kabylie risque de provoquer l’irréparable. Le pouvoir, enfermé dans sa logique de réhabilitation et de compromis avec l’intégrisme et sa démarche de manipulation-répression, expose la Nation aux dangers les plus graves.
Pour dénoncer cette dérive, exiger la libération immédiate et sans conditions des détenus du mouvement citoyen et débattre des perspectives attendues par la Nation, l’ANR, le CCDR, le MDS et le RCD organisent un meeting populaire le mercredi 15 janvier à 16 h 30 à la salle du cinéma l’AFRIQUE